Les rencontres que l’ont fait changent notre esprit, nos corps sont relativement similaires mais nos rôles dans la vie sont tout à fait opposés

Les hommes et les femmes ont une morphologie différente, mais également une réponse au stress et un mode de fonctionnement qui sont diamétralement opposés. Cette différence s’est accentuée au cours des trente dernières années car les femmes ont pris un rôle actif dans le travail en société, qui a toujours été un environnement prévu pour les hommes et configuré naturellement pour combler leur besoin instinctif de reconnaissance et d’estime de soi.

Une idée reçue mais qui est en un fait une réalité est que les hommes s’isolent émotionnellement quand ils rentrent du travail. Ils se posent sur le canapé, regardent la télévision, et se reposent. Ils sont également peur réactifs aux motivations extérieures comme le fait de discuter. Dans une relation, les femmes se demandent souvent si leur compagnon les aime réellement, s’il est vraiment amoureux, car le manque d’attention à leur égard leurs semble flagrante. De nos jours, les femmes qui rentrent après une journée chargée de stress du boulot s’isolent également de leur côté, et les relations entre hommes et femmes au sein d’un couple en souffrent d’autant plus.

Sur les trente dernières années, les relations entre hommes et femmes se sont détériorés de manières claires. S’il existe des différences entre hommes et femmes, il faut aussi tenir compte du rythme de vie que nous menons actuellement. Le taux de divorce est relativement stable depuis la moitié des années quatre-vingt, soit 50%, mais le problème est que le taux de mariage est lui en chute libre. On se marie moins souvent et quand on le fait on a une chance sur deux de divorcer.

Alors pourquoi cette détérioration des relations maritales ? Parce que notre environnement a évolué alors que la façon dont nous traitons nos relations ne l’a pas fait. Nous traitons nos relations amoureuses comme nos parents et nos grands-parents le faisaient, mais à l’époque, l’homme partait travailler pendant que son épouse restait à la maison pour s’occuper des enfants et des tâches ménagères, ce qui convenait généralement aux deux membres du couple car cela leur permettait d’évacuer leur stress à leur propre manière.

On sait depuis des dizaines d’années comment fonctionne les hommes par rapport à une situation de stress et comment ils peuvent faire pour passer au-delà. Ce n’est pourtant qu’au début des années deux-milles que les premières études comportementales sur les réactions face au stress ont été réalisées sur des sujets féminins. Jusqu’à alors on estimait que l’un comme l’autre réagissait de manière similaire et qu’on préférait réaliser des tests sur des hommes car les femmes étaient considérés comme moins constantes dans les résultats de par leur fréquent changement hormonal. Les études approfondies ont démontrés clairement que la réaction des femmes face à une situation de stress est totalement différente que la réaction des hommes. Non seulement en termes de comportement mais également en termes de changement hormonal.

Au niveau hormonal, pour les hommes et les femmes, l’indice de mesure du stress est donné par le taux de cortisol. Au plus le taux est haut, au plus une personne est stressée et au moins elle sera capable de gérer une situation. Au plus ce niveau est bas, au plus la personne sera capable de gérer une situation stressante. Par exemple, les grands leaders politiques ou militaires ont des niveaux de cortisol très bas et donnent un sentiment de confiance dans leur capacité à gérer des situations de stress extrêmes. Cependant, les hormones sous-jacentes qui influencent le taux de cortisol dans la physiologie humaine n’est pas la même chez les hommes que chez les femmes. Depuis longtemps on sait que l’hormone qui diminue le taux de stress chez l’homme est la testostérone, mais c’est seulement depuis une dizaine d’années que nous avons découverts que l’hormone qui permet aux femmes de descendre leur niveau de stress est l’ocytocine.

Dans ce cadre, des mesures ont été réalisées dans un environnement de travail et ont permis de déterminer que le taux de cortisol (et donc de stress) était en moyenne deux fois plus élevé chez les travailleurs féminins que chez les travailleurs masculins. Et cela est dû au fait que cet environnement naturel (on parle ici du fait de sortir de chez soi de faire une activité qui permet de subvenir aux besoins de sa famille) a été façonné depuis des milliers d’années par les hommes et pour les hommes. En effet, le travail est lié à la productivité. Travailler vite, bien, dans un délai imparti et en restant factuel. Il est bien entendu que les femmes sont tout à fait capable de réaliser la plupart des activités professionnelles aussi bien que les hommes, d’être concentrée sur leur carrière et de gérer leur vie familiale, mais cela n’est pas encore possible pour elles de gérer tout cela et de pouvoir s’endormir calmement le soir.

En effet, dans une situation de stress modéré, qu’on peut assimiler à une journée de travail dans un bureau, on voit, en réalisant des scanners cérébraux, que la partie liée aux émotions est huit fois plus active chez la femme, ce qui est lié à une plus grande réaction au stress et au sentiment qu’ont beaucoup de femmes d’être parfois tout à fait dépassées.

Hors, comme pour la testostérone qui permet aux hommes de réduire leur stress, l’ocytocine permet de réduire le stress chez la femme. Le problème est que cette hormone est également appelée hormone du plaisir ou hormone du bonheur et qu’elle est sécrétée lorsqu’une femme est dans un environnement familier qui lui permet de faire des choses qu’elle apprécie et de prendre soin des choses qui l’entourent. Depuis des millions d’années la cellule familiale était configurée pour permettre à la femme de s’épanouir pleinement. Les activités liées lui procuraient plaisir et détente, comme des activités récurrentes, familières, des activités qui lui permettent de prendre soin de quelque chose ou de quelqu’un, la possibilité de partager, d’aimer, de choyer ses enfants ou ses animaux de compagnie (c’est d’ailleurs pour cela qu’on voit tellement de femmes célibataires qui ont un chien ou un chat), toutes ces choses-là détendaient et la mettaient dans des conditions qui stimulaient le niveau d’ocytocine et qui permettait de réduire le niveau de stress.

Alors qu’aujourd’hui, le sentiment de rapidité, d’urgence, de sacrifice qui sont demandées au sein d’une activité professionnelle n’apportent plus aucun des éléments rassurants à leur inconscient. Au contraire, ces éléments permettent aux hommes de générer davantage de testostérone, car ils sont similaires à ce qu’ils connaissent inconsciemment depuis des millions d’années en termes de compétitivité, de bravoure et de sacrifice pour les autres.

Il n’est donc pas étonnant de voir une série de professions prisées par la gente féminine. Des activités telles qu’infirmière, qui permet de s’occuper des malades, de gardienne d’enfants ou d’institutrice sont toutes des professions qui leur conviennent et qui nourrissent la production d’ocytocine et leur permettant d’avoir une activité ou elles peuvent réellement s’occuper et aider les autres.

Bien entendu la femme d’affaire parfaite peut être épanouie à 100%, mais cela signifie qu’elle doit pouvoir trouver un équilibre entre sa vie professionnelle et privée et qu’elle doit pouvoir imaginer des possibilités pour augmenter son niveau d’ocytocine autrement que par son travail de tous les jours. Si ce n’est pas le cas, son corps va souffrir du stress à un moment ou à un autre, elle va tomber malade, devenir dépressive ou augmenter ses chances d’être touchées par une maladie grave.

La complexité aujourd’hui, alors que le taux de cortisol chez les femmes est haut au travail, celui-ci  va en moyenne encore doubler quand elles rentrent à la maison. En effet, cet environnement cosy et douillet qui devrait leur permettre de se reposer et de ressourcer est maintenant synonyme de stress. Il y à temps à faire en rentrant du boulot et tellement peu de temps pour tout faire. La femme d’aujourd’hui doit être capable de s’occuper du ménage, de faire à manger, de s’occuper des enfants, tout en restant souriante et aimante, et cela en un laps de temps suffisant pour lui permettre de dormir quelques heures. Laps de temps qui est souvent insuffisant pour tout faire, ce qui va donc encore augmenter son stress.

D’autre part, un autre élément qui va augmenter le stress à la maison et le fait que le partenaire est souvent lui-même dans une situation stressante juste en rentrant du travail. Hors, lorsque le taux de cortisol est haut et que nous sommes stressés, le sang afflue à l’arrière de la tête, dans notre hippocampe, qui contrôle nos réponses et nos réflexes instinctifs. La partie du cerveau lié à la réflexion, le cortex cérébral est lui beaucoup moins irrigué. Cela signifie que lorsqu’un des deux membres du couple hausse le ton et exprime son mécontentement, l’autre répond de manière instinctive et sans réfléchir en élevant également le ton. Si on veut sortir de cette spirale, il faut pouvoir diminuer notre niveau de stress et donc faire quelque chose qui nous détende pleinement et ne surtout pas réagir à chaud.

Le paradoxe de notre époque est que plus une femme réussi sa carrière professionnelle, au plus elle est indépendant et fière, au plus elle aura besoin d’aide et de support à  ses côtes. Hors, toutes ces caractéristiques font d’elle une femme forte, qui ne veut compter que sur elle-même et qui sera beaucoup moins capable de demander de l’aide de la part des autres. Aussi, lorsqu’elle donnera, qu’elle s’investira, elle s’attendra inconsciemment à recevoir en échange. Et quand elle ne recevra rien, elle donnera encore plus. Dans une relation sérieuse classique, de son côté, l’homme sera prêt à recevoir pleinement tout ce qui est donné par sa compagne : amour, cadeaux, marques d’affection et sa seule réponse sera « merci », ce qui aura le don d’agacer au plus haut point sa compagne ou son épouse.

Mais, pour les hommes, ce fonctionnement est bien entendu tout à fait normal dans leurs esprits. Les hommes sont entièrement différents, ils ont en effet besoin en moyenne de trente fois plus de testostérone que les femmes pour fonctionner. Ils créent celle-ci de deux manières. Au travail en s’occupant de problèmes et en les résolvants. En prenant du travail et en le réalisant dans un délai imparti. Par contre, leur niveau de testostérone diminue avec la fatigue et ils doivent reconstruire leur niveau à une base acceptable. Pour se faire, instinctivement, ils se reposent en fin de journée. Ce n’est donc pas étonnant de retrouver votre mari en soirée assis sur le canapé, il n’est pas fainéant, il reconstruit juste sa testostérone. En réalité, le simple fait pour les hommes de s’assoir et de se poser pour quelques minutes leur permet instantanément d’oublier tous les petits problèmes de la vie quotidienne. Et quand les problèmes sont oubliés, c’est comme s’ils étaient résolus, ce qui booste donc leur testostérone, diminue leur niveau de cortisol et leur permet de se relaxant en profitant pleinement de la soirée.

Cela peut paraître simple pour les hommes, mais ce système est également vicieux car si ceux-ci ont un problème trop important ils ne sont plus capables de l’oublier. Si ce problème n’est pas solvable non plus, ils sont alors dans une situation paradoxale et sans issue ou leur stress va augmenter de manière constante jusqu’à un point qui pourra le rendre dépressif.  La prochaine fois que vous croiserez un homme de vos connaissances qui est tout le temps stressé, c’est probablement car il a un problème caché trop gros pour l’oublier et trop compliqué pour le résoudre. L’exemple parfait est l’ex petite amie qui l’a quitté. Il ne peut pas la reconquérir (problème non solvable) et chaque fois qu’il sort son téléphone portable il pense à elle (il ne peut donc pas l’oublier), il est donc à un stade qui pourrait dans certains cas le rendre tellement dépressif qu’il en viendrait à penser à mettre fin à son agonie purement et simplement. Les deux façons de sortir du problème et de la résoudre (trouver une nouvelle petite amie) ou laisser passer assez de temps pour oublier.

Comment faire pour utiliser ces informations pour construire votre couple ?

Il suffit d’être conscient du besoin de votre partenaire tout autant que de votre propre besoin. Pour les hommes, cela signifie réaliser des marques d’attentions régulières à l’encontre de votre chérie. Attention de ne pas tomber dans le panneau de votre propre sentiment et de penser que d’acheter un gros cadeau vous donnera beaucoup de points. Les femmes ont besoins d’attention de manière régulière et continue, il est donc mille fois plus important pour elle de recevoir par exemple une rose tous les jours pendant un mois que de se voir livrer un bouquet à cinq cents euros le premier du mois et puis après plus rien dans le trimestre qui suit. Il vous faudra cultiver son plaisir (et pas seulement au lit) au jour le jour pour lui permettre de s’épanouir pleinement.

Pour les femmes, il faut permettre à votre compagnon de s’épanouir de son côté. Proposez-lui des problèmes à résoudre. Cela peut être aussi simple que de lui demander de choisir le restaurant ou le film pour ce soir. N’hésitez pas à le complimenter sur son choix, ce qui flattera son égo. Un petit mot aussi simple que : « excellent choix », ou « tu as raison », lui donneront un sentiment d’accomplissement qui pourra le rendre plus heureux.